Gestion d’un arrêt cardiaque dans un service d’hospitalisation « classique ».

Cet article fait suite à mon premier article sur les arrêts cardiaques en réanimation.  J’expliquais pourquoi il était il était important de bien s’organiser afin d’optimiser la prise en charge de l’urgence vitale. Il y a cependant plus de facilités à gérer ce type d’urgence en réanimation plutôt que dans les autres services. Ceci pour quelques simples raisons : les patients sont scopés en continue, nous disposons de tout le matériel et des drogues nécessaire, le personnel soignant est plus « habitué » à gérer les urgences vitales.

Cependant, il y a quelques semaines alors que je travaillais de nuit nous avons dus avec mes collègues intervenir dans le service voisin pour un patient en arrêt cardiaque.

Comme souvent nous avons réalisés un débriefing après la prise en charge. C’est alors que je me suis rappelée des premiers arrêts cardiaques lorsque je travaillais en Guadeloupe dans un service de chirurgie. J’étais perdue et heureusement j’avais eu de la chance de me retrouver à chaque fois avec un anesthésiste ou un réanimateur patient !

Voici donc ce que je tire de mon expérience professionnelle et du débriefing que nous avons réalisés :

Déroulement :

-Nous recevons un appel sur le téléphone de l’urgence vitale, il est 4h du matin. Il s’agit d’un patient en arrêt cardiaque dans le service de chirurgie cardio-vasculaire qui se trouve en face. Immédiatement deux de mes collègues infirmières se précipitent avec le sac Thomas (contenant des drogues et du matériel d’intubation ainsi qu’un DSA), ma collègue aide-soignante court réveiller le réanimateur de garde.

Ainsi dans les 2 minutes qui suivent deux de mes collègues infirmières sont sur place avec le réanimateur.

Nous sommes 3 IDE à rester dans le service dont moi et attendons de savoir si l’équipe d’en face aurait besoin de matériel en plus. Ce que nous ne tardons pas à savoir par téléphone. Immédiatement nous courrons récupérer le scope et le respirateur de transport. Il faut savoir que c’est un matériel lourd et nous partons à deux leur apporter. Il n’y a donc plus qu’une seule infirmière dans notre service de réa de 14 lits. Je reste dans le service de chirurgie cardio-vasculaire en renfort (les 2 autres retournent en service) et les aide à scoper le patient et préparer les perfusions ainsi que les drogues à administrer.

Voilà ce que nous tirons de cette expérience :

  • Dans un service « classique » les urgences vitales sont moins fréquentes et de ce fait,  nous avons remarqué que les infirmières connaissent très peu le chariot d’urgence, le matériel d’urgence, les drogues à préparer…  J’ai constaté que notre équipe une fois sur place faisait tout à leur place, difficile dans ce cas qu’elles s’habituent à la prise en charge ! J’ai donc essayé d’en intégrer une et de lui donner quelques consignes.
  • Les services d’hospitalisations n’ont pas de matériel de transport : scope et respirateur artificiel. Nous avons convenus que pour les prochaines fois nous préparerions ce matériel sur un chariot dès l’appel pour un arrêt cardiaque.
  • Encore une fois chaque personne doit être à son poste, personne ne doit courir dans la chambre et paniquer. Chaque rôle doit être clairement déterminé. Inutile d’être 10 à courir partout ; 3 ou 4 personnes bien organisées seraient bien plus efficaces.
  • Il est indispensable que chaque professionnel connaisse suffisamment le matériel se trouvant dans le chariot d’urgence. Peut-être faudrait-il plus de formation à l’urgence pour les infirmières des services d’hospitalisations? Je n’en avait pas eu dans mon ancien service mais elle m’aurait été bien utile!

On apprend avec chacune de nos expériences, lors de notre dernier arrêt cardiaque en service, nous avons reçus les félicitations du réanimateur car l’organisation était satisfaisante.  J’ai moi-même constaté la différence, le calme et la sérénité régnaient dans la chambre malgré une prise en charge particulièrement difficile. Chaque personne était à son poste, infirmiers comme réanimateurs, aide-soignante comme externes.

Avez-vous des choses à ajouter ?

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A propos Mélissa
Diplômée de l'institut de formation en soins infirmiers de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, promotion 007. J'ai débuté ma carrière au CHU de Pointe-à-Pitre il y a 6 ans. Depuis le mois de juillet 2009 je travaille dans l'une des réanimations chirurgicales d'un hôpital parisien.

Commentaires

  1. Mél says:

    J’ai aussi vu une collègue paniquée cette semaine car elle cherchait partout un médicament qui ne se trouvait que dans le chariot d urgence. Une fois ouvert, elle ne savait pas où se trouvait ledit médicament car, à mon avis, elle ne connaissait pas bien le chariot ! Il me semble indispensable que chaque IDE connaisse parfaitement le chariot car dans l’urgence il faut être efficace et ne pas ceder à la panique

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