Le diabète chez l’enfant

Le diabète est une maladie qui évolue de manière exponentielle en France. Vous en avez forcément déjà entendu parler et pour cause car elle a été reconnue comme priorité de santé publique. Pourtant le cas du diabète chez l’enfant est plus rarement abordé.

Voici l’occasion de faire le point sur la question.

Merci à JF Gouhier auteur sur le site de santé Medscape.fr qui a écrit cet article.

(Medscape est site d’informations médicales avec des articles rédigés par des médecins)


Les enfants sont essentiellement touchés par le diabète de type 1, connu aussi sous le nom de diabète insulino-dépendant et qui représente à peu près entre 5% et 10% du nombre total de cas de diabète.  Le diabète de type 2, davantage lié à des facteurs comportementaux et environnementaux, touche lui majoritairement les adultes et est généralement associé à une surcharge pondérale.

80 000 nouveaux cas chaque année dans le monde

Chaque année seraient diagnostiqués dans le monde près de 80 000 cas de diabète de type 1 chez les  0-14 ans, ce qui constitue bien sûr seulement une approximation puisque tous les enfants n’ont pas la possibilité de pouvoir être diagnostiqués, en particulier dans les pays en voie de développement. Pour l’Europe, où l’on peut espérer des chiffres relativement proches de la réalité, 116 000 cas de diabète insulino-dépendant auraient été diagnostiqués en 2011. Il y aurait en tout près de 20 000 enfants présentant un diabète de type 1 en France.

D’après l’INVS (Institut National de Veille Sanitaire) en 2007, l’incidence du diabète de type 1 aurait sensiblement augmenté  passant de 8 pour 100 000 enfants (âgés de moins de 15 ans) en 1988, à 15 pour 100 000 enfants en 2007. Autre donnée toujours issue de l’INVS, le nombre de cas de diabète de type 1 pour les moins de 5 ans aurait quasi triplé en 15 ans.

Origine du diabète de type 1

C’est un défaut de la production d’insuline par le pancréas qui est à l’origine du diabète insulino-dépendant. L’insuline ayant pour fonction de réguler le métabolisme du sucre dans l’organisme et donc sa présence dans le sang. L’insuline est une hormone qui permet au sucre de franchir les membranes des cellules pour pénétrer dans le cytoplasme. Normalement une augmentation de la concentration de sucre dans le sang a pour conséquence de stimuler la production d’insuline par le pancréas.

Le phénomène à l’échelle cellulaire

Des protéines jouant le rôle de transporteurs de glucose sont présentes dans les parois de petites vésicules cytoplasmiques (sortes de petites poches mobiles à l’intérieur de la cellule). Quand le taux d’insuline présent dans le sang augmente, ces vésicules sont attirées vers la périphérie de la cellule et fusionnent avec la membrane plasmique (l’enveloppe de la cellule).  les transporteurs (des protéines) sont alors libérés à la surface de la cellule et peuvent remplir leur rôle de « véhicules » du glucose.

Du fait que le pancréas n’assure pas la production suffisante de l’insuline, l’absorption du sucre par les cellules cibles (essentiellement les cellules des muscles lisses et des adipocytes)  ne peut donc  s’opérer. Non seulement le sucre s’accumule dans le sang, mais l’approvisionnement insuffisant des cellules en sucre entrainent une fatigue de l’organisme, qui va devoir trouver d’autres moyens d’approvisionner les cellules en glucose, comme nous le verrons plus bas.

Dépistage du diabète

Il existe plusieurs moyens de détecter le diabète ou de tester le taux de glycémie dans le sang : Par l’analyse du taux de glycémie  présent dans le sang (au moyen d’un glucomètre par exemple) , ou par l’analyse des urines (bandelettes réactives).

On recommande par ailleurs aux femmes  enceintes entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée d’effectuer un test de dépistage du diabète gestationnel.

Les symptômes

Les symptômes les plus courants sont :

  • Un fréquent besoin d’uriner (polyurie) dans la journée, et même la nuit
  • Une soif intense (polydipsie) associée à une sécheresse de la bouche
  • Une perte de poids corrélée à une augmentation de l’appétit
  • Des sensations de fatigue
  • Chez les tout petits, un érythème papulo-érosif ne s’atténuant pas avec une crème médicinale

Quand le diabète est diagnostiqué tardivement chez l’enfant, ce dernier peut présenter des symptômes plus tardifs et surtout plus graves, qui sont les signes de l’acidocétose diabétique : Une haleine qualifiée de douceâtre ou fruitée ; et qui est l’indice que le corps a déjà commencé à s’adapter à la carence d’insuline en trouvant d’autre sources d’énergie que le glucose présent dans le sang : Le sucre stocké dans les muscles et dans le foie notamment sous forme de glycogène est décomposé en sous-produits qui vont aboutir à la néoglucogénèse. Au cours de ce processus de décomposition des protéines, vont être produites des cétones qui sont des toxiques pour l’organisme, et qui sont à l’origine de l’haleine particulière décrite plus haut. Les symptômes sont des maux de ventre, ainsi que de fortes nausées, et surviennent quand les reins ne peuvent plus assurer le filtrage adéquat et que la concentration des cétones augmente dans le sang,.  l’acidocétose diabétique se traduit aussi par une modification de la respiration qui devient lourde et rapide (respiration de Kussmaul).

Si  l’acidocétose diabétique est devenu plus rare du fait d’un meilleur contrôle des diabétiques, et d’une meilleure médicalisation des populations, on note cependant  encore une prévalence de 50 cas pour 10 000 diabétiques dans les populations occidentales. l’acidocétose diabétique peut être  grave et dans certains cas mortelle. Dans 90 % des cas, elle est liée à la présence d’un diabète de type 1. Elle suit généralement une phase plus ou moins longue de cétose sans acidose qui dure quelques heures et durant laquelle il est recommandé d’intervenir.

La vie de l’enfant diabétique

Le seul traitement disponible à ce jour consiste à effectuer des injections sous-cutanées d’insuline ; matin et soir pour les plus petits, et avant les repas pour les plus grands (anticipation de l’élévation de la concentration de sucre).

Le traitement du diabète de type 1

Il existe deux grands types de traitement qui recourent tous les deux à l’insuline :

  • Les seringues ou stylos à insuline
  • Les pompes à insuline, qui permettent une perfusion continue de l’insuline via un pousse-seringue miniaturisé. L’infusion d’insuline s’effectue par voie sous-cutanée ou intra-péritonéale.
  • Les pompes à insulines sont indiquées pour les diabètes très instables ; les grossesses, ainsi que les patients présentant des complications oculaires ou rénales graves.

Les spécificités du diabète chez l’enfant

Le diabète chez l’enfant pose des problèmes qui sont en relation avec le manque d’autonomie de l’enfant, et parfois avec le manque d’adaptation des structures d’enseignement.

Idéalement, les écoles doivent être pourvues en infirmières  afin de pratiquer à intervalles réguliers le dextro (contrôle du taux de sucre à partir d’une goutte de sang du doigt) ainsi que les injections d’insuline, ce qui est bien sûr loin d’être la norme. Les tout-petits requièrent par ailleurs une prise en charge hospitalière pédiatrique très spécialisée.

La polémique sur la Lantus en France

Le diabète est un thème qui revient souvent dans l’actu médicale; récemment, l’Afssaps (l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé) a inclus la Lantus®  dans sa liste de médicaments mis sous surveillance.

La décision de l’AFSSAPS est fondée sur des observations en laboratoire qui ont mis en évidence que l’insuline glargine (Lantus®) favorisait la croissance de certaines cellules, ces constatations ont amené à formuler l’hypothèse que la molécule pourrait avoir un tel effet sur certaines cellules cancéreuses.

Mais l’association AJD (aide aux jeunes diabétiques) rappelle sur son site que la Société Européenne pour l’Étude du Diabète (EASD), la Société Internationale pour le Diabète de l’Enfant et de l’Adolescent (ISPAD) et la Société Francophone du Diabète (SFD), ont considéré  que les conclusions des-dites études suggérant une possible relation entre l’insuline glargine (Lantus®) et le cancer étaient sans fondement et considèrent donc que l’arrêt de cette insuline n’est pas justifié…

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A propos Mélissa
Diplômée de l'institut de formation en soins infirmiers de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, promotion 007. J'ai débuté ma carrière au CHU de Pointe-à-Pitre il y a 5 ans. Depuis le mois de juillet 2009 je travaille dans l'une des réanimations chirurgicales d'un hôpital parisien.

Commentaires

  1. Très pertinente comme information, merci. Heureusement, le diabète est bien pris en charge sur le territoire français malgré la hausse croissante des personnes concernées

  2. Le diabète insulinodépendant (DID) est la maladie endocrinologique la plus fréquente de l’enfant.

  3. david says:

    Lorsqu’un seul des parents est diabétique, le risque pour l’enfant est de 3 à 7%.

    Lorsque les deux parents sont diabétiques, le risque pour l’enfant est de 30 à 50%.

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